L’accouchement imparfait d’une petite créature parfaite

Written by Sonia on juillet 28th, 2010

Je craignais ce moment depuis le début. Je ne suis pas si forte, je ne suis pas si endurante, je ne suis pas si brave. Je m’imaginais déjà demander l’épidurale avant même d’avoir enfilé la jaquette. La peur disparaît à l’approche du grand jour m’avait t’on dit. Avec raison. La hâte et, avouons-le, l’écœurantite surpassent la peur.

Même si mon premier avant-goût de la chose m’avait fait un mal atroce, avec de fausses contractions douloureuses durant entre 5 et 7 minutes chacune, je croyais encore possible, bien naïvement, un accouchement rapide et pas trop douloureux. J’en étais bientôt à 41 semaines et une date était déjà avancée pour que je sois provoquée.

C’est le 1er juillet, vers 17 heures que je perdis une partie de mes eaux en nettoyant la chambre du futur petit homme. Un coup de fil à la maternité plus tard, alors que j’écrivais quelques mots sur le web pour passer le temps, je perdis le reste entre le salon et la salle de bain. Après une bonne douche et un repas mangé en vitesse alors que chéri moppait le plancher, nous avons pris la direction de l’hôpital.

Installés dans la chambre d’accouchement, avec aucune contraction au moniteur, nous nous préparions à passer une partie de la nuit à attendre. On nous avait donné le choix, attendre que la nature fasse son œuvre, ou provoquer le tout. Nous avons attendu jusqu’à minuit avant d’accepter les injections. Les contractions montèrent en intensité avec la nuit qui avançait. Après quelques temps, l’infirmière me proposa un bain tourbillon pour calmer ma douleur. L’effet relaxant était certes bénéfique, mais les contractions quand à elles se firent de plus en plus fortes.

J’ai voulu pleurer lorsqu’on m’annonça un faible 2 cm. « Mais ton col est presque totalement effacé, ça compte aussi » me dit la résidente pour tenter de m’encourager. On me proposa une drogue quelconque dont le nom m’échappe, une drogue que l’on ne propose que lorsque l’on sait que le travail sera long. J’étais déjà épuisée, et j’avais des bleus plein les mains à tenter la méthode Bonapace, alors cette solution fut accueillie avec plaisir. J’ai enfin pu somnoler quelque peu et chéri a pu profiter du confort du plancher pour s’assoupir.

Je ne me souviens plus de l’heure qu’il était lorsque j’ai atteint le 4 cm. Je me souviens par contre que la drogue avait cessée de faire effet et que je réclamais l’épidurale malgré ma terreur des aiguilles. J’ai d’ailleurs fait rire l’anesthésiste avec mon cri aigu. Par contre, je me souviens très bien qu’il était midi lorsque j’ai effectué ma première poussée. Le reste est très flou dans ma mémoire. Je sais que malgré la médication je souffrais le martyr, qu’on m’a même injecté une autre drogue et une deuxième dose d’épidurale. Je sais que j’ai crié à mon chum que l’anus voulait m’exploser et qu’il a rit en imaginant la scène. Je que le bébé « ne regardait pas du bon bord », que c’est pour ça que c’était si douloureux et qu’on a essayé à plusieurs reprises de le retourner manuellement. Je sais qu’on a dû me donner des antibiotiques pour faire baisser ma température et augmenter les injections parce que les contractions s’espaçaient. Je sais que malgré que l’infirmière m’ait dit qu’un premier bébé ne réussi que très rarement à sortir dans cette position on s’entêtait à me faire pousser encore et encore.

J’ai paniqué. Il était 17 heures et je ne voyais plus la fin de cet accouchement. La peur se lisait sur mon visage et chéri savait que j’avais donné tout ce que j’avais. Une tentative infructueuse avec les forceps a été faite, et lorsque le mot césarienne a été murmuré, il a hurlé d’apporter les papiers. Ça faisait maintenant 24 heures que j’avais crevé mes eaux et 5 heures que je poussais.

Je n’ai pratiquement aucun souvenir entre la signature des papiers et mon réveil. Chéri devait venir me rejoindre en salle d’opération, mais lorsqu’il fut prêt on lui en interdit l’accès puisqu’on devait m’endormir pour cause de « complication ». Pauvre lui, il passa plus de 30 minutes à se morfondre et à s’inventer les pires scénario pour une complication qui n’en était pas vraiment une. Avec la dose massive de drogues que j’avais reçue, ma dernière épidurale a plus ou moins fait effet, ils ont donc préféré m’endormir.

Heureusement, maman est presque entièrement remise et bébé se porte comme un charme. Il y a de ces mauvaises expériences qui valent la peine d’être vécues…

 

Des nouvelles en express!

Written by Sonia on juillet 9th, 2010

Notre projet 2.0 est parmi nous depuis le 2 juillet, d’où le manque de mise à jour par ici.

D’autres nouvelles dès que la routine sera installée.

 

Un autre type de retard

Written by Sonia on juin 26th, 2010

Au tout début du projet bébé, on espère très fort un retard puisqu’un retard est souvent précurseur du petit plus sur le test de grossesse. Mais à la fin, on s’en passerait bien.

Vers la 37e semaines, on commence à réaliser que le bébé pourrait sortir, là, là, sans problème majeur. À la 38e, on se dit que ça ne nous dérangerait pas tant que ça s’il arrivait maintenant. À la 39e, on espère fort avoir un petit pressé et à la 40e, la peur de l’accouchement fait entièrement place au découragement que ce moment n’arrive jamais.

Difficile de ne pas mettre sa vie sur pause, de se demander chaque soir si ce sera LE soir, et chaque matin ce que la journée nous réserve. La fatigue commence déjà à s’accumuler, l’énergie à faire défaut, on veut profiter des derniers temps, mais on craint de ne pas avoir la force de le faire.

 

Le juste milieu entre exhibition et vie privée

Written by Sonia on juin 16th, 2010

Je blogue depuis 2006, au début sous le couvert de l’anonymat, puis peu à peu sous le regard de mes amis proches, pour finalement le faire au vu et au su de tous. Depuis mon changement d’url (soniadesruisseaux.com et ensuite soniavsnico.com), je blogue sous mon nom complet, ou du moins, il est facile à trouver. J’ai un Facebook où je n’accepte, à quelques exceptions près, que les gens que j’ai déjà rencontrés, et un Twitter ouvert à tous. J’écris sur tout et n’importe quoi, principalement sur ma vie, un peu comme je le ferais verbalement dans mon quotidien. J’inonde mon Twitter de commentaires majoritairement non-pertinents, pour me défouler ou simplement pour passer le temps. Je converse à droite et à gauche, un peu comme à mes débuts sur mIRC, à l’époque où il n’était pas encore question de confidentialité et de réseaux sociaux.

Ma grossesse a pris une place importante sur ce blogue ainsi que sur mon Facebook et mon Twitter, même que cette place est un peu plus grosse que je ne l’espérais au départ. Je ne tiens pas à devenir une autre de ces mamans blogueuses (je n’ai rien contre elles, ce n’est simplement pas moi), mais avec juste ce qu’il faut d’énergie pour vivre sa grossesse, il est difficile de parler d’autres choses. J’ai parlé un peu de tout, du sérieux au farfelu, en passant par la lassitude de ma situation. Pour ceux qui ne l’avaient pas encore compris, je ne suis pas de celles qui aiment être enceinte.

J’ai rencontré grâce à Twitter des gens géniaux, et il y a d’autres personnes à qui je parle tellement régulièrement que j’ai l’impression de les connaître, alors il va de soi qu’un beau matin/midi/soir/nuit on retrouvera sur mon Twitter un petit quelque chose du genre : « Je crois que cette fois c’est la bonne, direction l’hôpital pour confirmer le tout. » Et si moi et mon chéri trouvons le temps long à l’hôpital, il est fort probable que vous y lirez d’autres « tweets » sur le sujet. Pas au point de suivre étape par étape mon niveau de dilatation, mais question de se défouler un peu et de passer le temps comme nous le faisons chaque jour.

Je suis consciente que quiconque le désire pourra suivre nos péripéties sur le web de cette façon. Je suis exhibitionniste de ma vie depuis 2006, alors je sais très bien le positif et le négatif que peut apporter une telle démarche. Mais je n’irais pas jusqu’à publiciser mon action et même si je serais d’une certaine façon flattée, j’éprouverais surement un profond malaise à ce qu’on le fasse à mon insu. Ma démarche ne serait rien de plus qu’une action sans but, sans intérêt et surtout sans engagement; trop de temps à perdre et un iPhone rechargé.

La limite de chacun est différente. Pour certains, le quart de ce que je révèle serait de trop et pour d’autres, l’intérêt d’une telle exhibition est de le faire à fond. Mais, peu importe l’avis de l’un et l’autre, l’important est de définir ma propre limite…

 

Bientôt

Written by Sonia on juin 10th, 2010

Chéri me demande ce qui se passe à chacune de mes grimaces, j’accumule les histoires saugrenues dans métro, je m’endors chaque jour en me demandant si le lendemain matin j’aurai la force de rentrer travailler et je quitte chaque soir en tentant de ne laisser aucune tâche en plan.

Oui je travaille toujours, malgré mon énormitude et ma date prévue d’accouchement qui approche (25 juin). Oui j’espère que bébé se pointera plus tôt que tard, même si tous les signes semblent pointer vers le tard. Oui j’ai hâte, j’ai peur, je suis tannée et tout ce que qui vient avec. Oui chéri a hâte, il a peur, il est tanné et tout ce qui vient avec.

Je crois nous sommes aussi prêts que nous pouvons l’être, c’est-à-dire, pas assez. C’est encore si peu concret pour moi que ces coups dans mon ventre seront bientôt un petit être à part entière. Que cet être aura sa propre personnalité et dépendra de nous pour les prochaines années.

Demain ma vie sera plus que différente. Demain je serai différente. En fait c’est déjà commencé. Et ça m’effraie un peu…

 

Je ne suis pas qu’un ventre sur 2 pattes ;)

Written by Sonia on mai 12th, 2010

Il est temps que je profite de cet espace pour parler d’autres choses que de mes déboires de grossesse, non? Bien que mon gros ventre prenne de plus en plus de place dans ma vie, et je n’ai pas l’impression que ça va aller en s’améliorant, je suis toujours la bonne vieille Sonia avec ses multiples questionnements!

J’ai tenté il y a quelques temps de me partir à mon compte, comme travailleuse autonome dans le domaine de la bureautique. Malheureusement, par manque de temps et de moyen, et aussi à cause des projets mariage et bébé, j’ai dû mettre le tout de côté. Maintenant avec la confection du 2e projet tirant à sa fin, je peux me remettre à penser à mon petit moi professionnel. Du moins, essayer de. J’ai une année devant moi pour mettre mon projet en branle, entre les boires et les siestes de bébé. Les mères qui me lisent me répondront probablement un « bonne chance » ironique, mais bon, qui ne tente rien n’a rien (merci répertoire des réponses toutes faites).

Depuis quelques semaines mijote dans mon cerveau une tentative de plan d’affaire. Bon, j’ai déjà vu mieux côté inspiration. Faut dire aussi que mes temps libres sont principalement occupés par la préparation de l’arrivée du bébé et des activités « off brain ». Sinon je prépare aussi mon nouveau site web pro. Mais comme j’attends de terminer mon plan d’affaire pour m’en inspirer, je n’avance pas vraiment non plus.

Et comme les projets s’emmerdent toujours un peu lorsqu’ils sont seuls (mettons), j’aimerais aussi commencer à faire du freelance en écriture. Mais de ce côté je suis un peu larguée. Je ne sais pas où commencer, où regarder, alors je prends les suggestions s’il y en a. Quoique la première étape est probablement de recommencer à écrire ici plus régulièrement, question de me refaire la main…

 

Après avril viendra mai…

Written by Sonia on avril 7th, 2010

Et ensuite viendra l’appréhension du mois de juin.

Je suis moumoune. J’ai peur de souffrir. Je sais que je vais souffrir. J’ai hâte. J’ai peur. Vaut mieux ne plus y penser. Les semaines passent si rapidement

Le stock de bébé commence à rentrer. Je cherche sans succès la fibre maternelle dans l’un des sacs. J’imagine que ce sera dans le prochain. Entre un toutou et une pompe à morve.

J’ai hâte que la chambre de débarras devienne la chambre de bébé. J’ai hâte de m’assoir à côté d’un berceau vide et de dire à mon ventre : « c’est là que tu vas dormir ». Un peu moins hâte de l’entendre me répondre : « c’est parce que tu penses que je vais dormir toi ».

J’ai rêvé que mon bébé était un chat et que je le nourrissais au yogourt. Je crois que mon subconscient essaie de me dire que la tâche de me préparer à la venue d’un bébé est trop lourde pour lui. Il n’a aucune donnée sur le sujet. Ce qui s’en approche le plus prend forme d’un gros matou blanc.

 

Ma tête, mon ventre et ma vie qui fourmillent

Written by Sonia on mars 26th, 2010

À chacun de mes passages ici, je me dis que je devrais me mettre à jour. Je n’ai pas autant de temps à mettre ici que je le voudrais, ma vie bouge à 100 à l’heure et moi je tente de suivre.

Je m’impatiente sur la chambre du bébé qui n’avance pas assez vite, sur mon site web pro qui n’avance pas, sur mon agenda plein à craqué qui dit toujours oui à tout, sur mon ventre qui a toujours faim et sur le boulot qui me sort par les oreilles.

Dans trois mois, ou presque, ou moins, bébé Zack sera avec nous. Dans trois mois, notre vie déjà chamboulée par la grossesse, le sera encore plus avec un petit être qui voudra et aura toute notre attention. Dans trois mois, ce sera l’été et je pourrais enfin prendre une (ou deux, ou trois) sangria sur une terrasse!

C’était mon billet du jour, on ne peut plus décousu!

 

Au pays des rêves

Written by Sonia on mars 18th, 2010

J’ai toujours été très ouverte à l’analyse des rêves. Non pas que je crois nécessairement tous les livres de symbolique qui existent (je n’ai jamais compris comment le cerveau pouvait se servir d’une image X pour envoyer un message sans savoir au départ ce que cette image symbolisait), mais je sais que ce que l’on vit et l’on ressent est expulsé par les rêves. Donc un sentiment enfoui, une crainte cachée peut nous être révélé de cette façon. Jeune je m’amusais souvent à analyser les rêves de mes copines, en associant ce qu’elle vivait à ce qu’elle rêvait. C’est souvent très révélateur.

Je crois aussi aux rêves prémonitoires. Je sais que ça, c’est une croyance plus contestable. J’ai un petit côté ésotérique il faut croire. Il faut dire que j’ai eu à 3 reprises, à l’adolescence, des rêves prémonitoires assez précis. Au 3e j’ai décidé que ce « don » était trop lourd pour moi, et je l’ai rejeté. Depuis j’ai à l’occasion des « feelings » mais comme je ne me suis jamais appliquée à les décoder, j’ai beaucoup de difficulté à les interpréter. Mais là je m’éloigne.

Enceinte, nos rêves font un peu n’importe quoi. Les hormones et les craintes nous débalancent de jour, alors la nuit, lorsque la raison n’a aucune emprise,  c’est inévitable. Difficile d’analyser à se moment là. On se lève, un petit pipi, un petit verre d’eau et on se recouche. C’est la seule chose à faire.

Pourtant il y a une redondance qui me perturbe; la mort. Je sais, c’est tout à fait normal de craindre de perdre ce bébé qui n’est pas encore né, mais là il n’est pas question de lui, mais bien de mon entourage. Amis, connaissances, familles; les uns après les autres, ils tombent. Je ne sais même pas si je peux qualifier ça de cauchemar, puisque je ne me rappelle même pas du rêve, mais à chaque fois je me réveille avec la certitude qu’untel est mort. Pas comme si je venais de l’apprendre, non, mais comme si je l’avais appris la semaine passé et que j’étais en processus de deuil. Chaque fois, ça me prend une bonne dizaine de minutes à réaliser le mensonge.

Je n’essaie pas d’analyser cette redondance puisque je me doute bien que c’est inutile, mais n’empêche que c’est très perturbant comme situation…

 

Des nouvelles de ma « cohabitation »

Written by Sonia on février 26th, 2010

Je célèbre aujourd’hui ma 23e semaine de grossesse. 23 semaines, c’est aussi 5 mois complet et un petit homme qui commence à être de plus en plus actif. Les légers coups que je ressens depuis quelques temps se transforment peu à peu en « pression ». Sans pouvoir catégoriser le membre qui m’attaque, je sens maintenant « une forme » qui provient de mon intérieur et qui cherche à communiquer avec le monde extérieur.

Pour quelqu’un comme moi qui n’a pas par défaut d’instinct maternel, je dois avouer que ça me fait bizarre de devoir partager mon corps avec un petit inconnu. J’ai beau me dire que cet être est la chair de ma chair, mais en même temps, je n’ai à peu près pas d’indices sur son caractère, je n’ai aucune idée de ce qu’il pense, de qui il est.

Je sais qu’il aime bien me saluer dans mon bain le matin. Il attend toujours le moment où je m’étends pour me donner un coup ou deux, jamais plus.

Je sais que les pommes vertes lui donnent un regain d’énergie.

Parfois je ressens des chatouillis. Je n’ai aucune idée de ce qui s’y passe, mais j’aime croire qu’il me chatouille de l’intérieur, comme son père se plaît tant à le faire de l’extérieur.

Je sais que si son père met sa main sur son ventre lorsqu’il est éveillé, il va frapper à l’endroit exact où se trouve sa main, alors que si j’y mets la mienne, ça ne fonctionne pas.

Mais c’est tout ce que je connais de mon fils. Je sais qu’il est là, je sais qu’il grandit, comme une partie de moi, qui n’est pas totalement moi.